Andrew Forster

bouche (exterieur)

juillet-aôut 2012

 

[apropos de Mouth (intérieur), installation à Latitude 53, Edmonton, 2012]: Pièce-dans-une-pièce, Mouth est une surface de tissu détachée des murs et du plafond de la galerie. Elle permet à la pièce existante de pendre, l’espace intérieur devenant une espèce de réplique ridée de l’espace architectural impeccable qui l’entoure et lui sert de support. Toute la surface interne de ce tissu est recouverte de texte, un motif de texte qui décrit cet intérieur en langage. Nous pénétrons dans cet espace et l’expérience est la même, quoique différente, comme éloignée de l’expérience que l’ont fait « normalement » d’une pièce. Ainsi, nous avons cette métaphore : bouche pour pièce et pièce pour bouche. Si nous nous demandons « qu’est-ce qu’une pièce ? », je veux nous attirer dans un espace imaginaire que nous ressentons comme n’étant ni à l’intérieur ni à l’extérieur, mais que nous éprouvons ou connaissons en détail. C’est le début de l’espace, avant qu’il ne soit dedans ou dehors. Donc, Mouth comporte une préoccupation architecturale ou spatiale. Si vous êtes architecte, c’est que (de manière tout à fait naturelle) vous avez mis de côté ce souci. La bouche est aussi la source du langage, de la construction d’un monde par les mots. Si vous êtes journaliste, c’est que vous avez mis de côté ce souci. J’ai travaillé sur une version d’une pièce de Beckett, That Time, en lien avec Not I, où une bouche désincarnée flotte dans l’espace, vomissant du langage, exprimant… une construction. Mouth s’intéresse à un moment différent de cette fabrication, avant que le langage ne nous expulse. Mouth porte le langage à l’envers, comme la doublure d’un costume, ou quelque chose de collé au palais. [Andrew Forster: Communiqué pour Latitude 53, Edmonton, 2012 pour + d’info et images voir www.reluctant.ca]

 

[on Mouth (interior), installation at Latitude 53, Edmonton, 2012]: ‘Mouth’ is a room-within-a-room, a fabric surface pulled away from the walls and ceiling of the gallery. ‘Mouth’ allows the existing room to sag, the interior space becoming a kind of wrinkled replica of the crisp architectural space which surrounds and supports it. The entire inside surface of this fabric is printed with text, a pattern of text, which describes this interior in language.  We enter this space and the experience is the same but different, somehow estranged from our ‘normal’ experience of a room.

So we have this metaphor of mouth for room or room for mouth. If we are thinking, ‘what is a room?’, I want to draw us into an ‘imaginary’ space which we experience neither as inside nor as outside, but which we experience or know in detail. This is a beginning of space before it is inside or outside.  So ‘Mouth’ has this architectural-spatial concern. If you can be an architect, it is because you have skipped over this involvement. The mouth is also the source of language, of building a world through words. If you can be a journalist it is because you have skipped over this threshold. I’ve been re-working a version of a Beckett piece, “That Time” (for about ten years) which is related to Beckett’s ‘Not I’, the piece where a disembodied mouth floats in space, spewing language, expressing… building. ‘Mouth’ is interested in a different part of this ‘build’, before language puts us outside. ‘Mouth’ wears language on the inside, like the lining of a suit, or something stuck to the roof of your mouth.

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